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Histoire de simples : le pastel des teinturiers

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Largement cultivée au Moyen-Âge pour la teinture bleue qu’on obtenait de ses feuilles, cette plante se distingue aussi par ses vertus médicinales et nectarifères.

Isatis tinctoria, de son nom latin, est une bisannuelle à racine pivotante rustique en zone 4. Cette brassicacée se retrouve à l’état sauvage en Europe du Sud-Est, en Asie Centrale et en Asie du Sud-Ouest, ainsi que dans le nord de l’Afrique.

Crédit photo : Les Jardins de l’écoumène
  • Les feuilles comestibles doivent tremper préalablement dans l’eau plusieurs heures pour les débarrasser de leur trop-plein d’amertume. On les apprête alors comme de la roquette.

En France, le pastel porte généralement le nom de guède, mais les Normands l’appelle vouède, les picards, waide et les habitants du nord du pays, wedde. On l’a aussi baptisé herbe de Saint-Philippe, varède et herbe du Lauraguais. En Chine, on la nomme sunglan.

Les Grecs et les Romains de l’Antiquité y ont eu largement recours pour se soigner et teindre les tissus.

D’ailleurs, le nom botanique donné au genre par Linné en 1753 dérive du grec isazein qui signifie « applanir », car la plante était employée pour la cicatrisation des plaies.

Crédit photo : PD (Public Domain); Nationalmuseum’s collections; ” Carl von Linné, 1707-1778, botanist, professor ”

  • Le pastel des teinturiers possède des vertus antibactériennes, antivirales, astringentes et anticancerigènes. On s’en sert entre autres pour le traitement des œdèmes, des tumeurs, du scorbut, des maladies de la rate, de l’influenza, des fièvres, de la pneumonie et plusieurs maladies infectieuses.

En médecine chinoise traditionnelle, on utilise sa racine pour évacuer les toxines du sang et soigner, entre autres, les cas de fièvre, de grippe, de méningite, d’abcès et d’infections cutanées. Sa feuille est quant à elle indiquée contre les délires et les pertes de conscience, de même que la gorge sèche et irritée.

  • En Chine, sa teinture est très prisée pour colorer la soie et le coton.

  • En Orient, on la mélange au henné pour teindre les cheveux.

  • Les Japonais s’en servaient pour teindre le papier utilisé pour la couverture des livres.

  • Aux États-Unis, le pastel des teinturiers est classé « plante envahissante indésirable » dans l’ouest du pays.

Sa culture

Le pastel des teinturiers se cultive au plein soleil, dans un sol bien drainé qui peut être riche ou pauvre. Ses sites de prédilection sont les sols plutôt calcaires et argileux qu’on retrouve dans les friches, en bordure des routes et en terrain rocheux.

La 1re année, le semis produit une rosette de feuilles basales d’un vert légèrement bleuté. À sa 2e année, des hampes florales jaunes jusqu’à 1,5 m de hauteur s’élèvent au-dessus du feuillage en juin.

  • Ses petites fleurs qui frémissent au moindre vent sont très populaires auprès des abeilles et autres insectes pollinisateurs.

Après la floraison du début de l’été, le plant reste attrayant. Les graines ailées contenues dans des siliques brun foncé de 1 à 2 cm de long tombent au sol à maturité pour assurer la pérennité de l’espèce.

Cette plante thermophile requiert une chaleur élevée pour vivre et se reproduire et les étés trop frais peuvent inhiber la formation des semences. Si la production de graines échoue, la rosette revient l’année suivante pour tenter sa chance de se reproduire une fois de plus.

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