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À la découverte de la phacélie

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Originaire du nord du Mexique et du sud de la Californie, elle appartient à la famille des Hydrophyllacées. Très adaptable, elle pousse sous des climats semi-arides à humides, en bord de mer comme dans les terres et en montagne. Elle préfère les sols légers et plutôt secs, mais s’accommode de différents types de sol.

Cette plante annuelle herbacée possède plusieurs cordes à son arc :

  • elle séduit avec son feuillage fin et ses ravissantes fleurs bleu lavande ; 
  • les abeilles butinent ses inflorescences en grand nombre pour produire un miel des plus parfumés ; 
  • son système racinaire très ramifié améliore la structure des sols ;
  • l’importante biomasse végétative qu’elle représente se transforme en un engrais vert de haute qualité ;
  • les animaux apprécient la phacélie comme fourrage, surtout après les premiers gels en raison de sa forte teneur en protéines (17-18 %) et en acides aminés ;
  • en culture intercalaire, elle profite à ses compagnes en attirant de nombreux insectes bénéfiques.

La phacélie dans les champs fleuris

Avec ses charmantes fleurs très parfumées se balançant au vent à 80-120 cm de hauteur, la phacélie est un atout majeur des prés fleuris. Plante à jours longs, elle montre ses couleurs environ 8 semaines après la levée des graines alors que la durée du jour s’étale sur plus de 13 heures. Comme elle dépend de la durée de l’ensoleillement, cette floraison peut subsister jusqu’au début de septembre.

Son effet conditionneur intense sur les sols permettrait ainsi de faciliter l’implantation d’autres espèces moins adaptables à divers sols. De plus, elle attire tant d’insectes bénéfiques qu’elle représente un atout majeur pour le maintien de la biodiversité et la santé de l’environnement.

Ses fleurs riches en sucre et en nectar sont visitées par des nuées d’abeilles.
Le miel obtenu au parfum exquis est d’une couleur foncée.
En semis pur de phacélie, le rendement en miel peut atteindre 440 kg/ha.
Elle compte parmi les plantes préférées des abeilles avec la bourrache et le mélilot.

Sa production de nectar est d’ailleurs 7 fois plus élevée que le mélilot et
elle arrive en tête avec un rendement en sucre de plus de 240 kg/ha.

La phacélie pour la biodiversité et la lutte aux ravageurs

Très prisée des insectes bénéfiques, elle favorise le maintien de la biodiversité comme pas une ! De plus, elle ne partage sa famille avec aucune autre plante cultivée et représente donc un avantage certain dans les rotations de culture pour mettre en échec le développement de parasites et maladies propres aux espèces cultivées courantes.

De plus, elle ne partage sa famille avec aucune autre plante cultivée et représente donc un avantage certain dans les rotations de culture pour mettre en échec le développement de parasites et maladies propres aux espèces cultivées courantes.

La phacélie en compagnonnage

Parmi les insectes bénéfiques qu’elle attire se trouvent des syrphidés et des carabes, 2 prédateurs des pucerons et autres ravageurs des cultures.

Des producteurs de betteraves à sucre allemands en sèment donc entre les rangs pour contrôler les populations de pucerons.

En Pologne, pas moins de 4 espèces de syrphidés ont été attirées par une culture de phacélie avant de réaliser qu’elle jouxtait un champ de choux que 3 espèces de pucerons attaquaient allègrement. Un 2 pour 1 pour les syrphidés !

Le blé aussi profite du voisinage de la phacélie alors qu’elle attire carabes et syrphidés pour le débarrasser de ses insectes ravageurs.

La phacélie comme fourrage

Dans les pays d’Europe de l’Est, la phacélie est cultivée pour la production de miel et une fois les fleurs fanées, on récolte la plante pour donner en fourrage aux animaux qui profitent de sa forte teneur protéique et d’acides aminés.

On la sème souvent avec une autre plante fourragère et les mariages les plus heureux sont les suivants :

  • 150 kg/ha de pois et 5 kg/ha de phacélie
  • 140 kg/ha de vesce et 5 kg/ha de phacélie

La phacélie comme engrais vert

Le coût de la semence de phacélie explique en partie son absence des engrais verts utilisés en agriculture commerciale en Amérique du Nord, quoique les Européens s’en servent comme culture de couverture avec beaucoup de succès. Qu’importe, elle vaut la peine qu’on s’y intéresse, du moins pour le potager maison ! 

  • Le système racinaire imposant aide à améliorer la structure du sol notamment dans le cas des sols battants (sols instables plutôt limoneux et sols argileux compactés dont la surface se craquelle en séchant).
  • Dans le Bulletin des agriculteurs du 2 avril 2015, André Dumont écrit : « Elle aurait un effet conditionneur très intense sur les dix premiers centimètres du sol, contribuant à l’agrégation des particules, faisant en sorte que la granulométrie ressemble à celle des meilleurs sols. Par contre, il ne faut surtout pas s’attendre à ce que ses racines travaillent le terrain en profondeur. »
  • L’article indique également que la phacélie excelle à prélever les nitrates et qu’elle en absorberait jusqu’à 90 unités d’azote.
  • De plus, les semis en début de saison donnent jusqu’à 4,5 t/ha de biomasse végétative, tandis que les semis tardifs ne donnent que 1,25 t/ha environ. 

En Allemagne, des chercheurs ont observé qu’un engrais vert de phacélie améliorait les rendements de laitue plus que tout autre amendement de sol. Elle s’avère également très compatible avec les cultures de céleri-rave et de pomme de terre.

Semis de phacélie

Au Québec, selon les régions, on procède au semis de la phacélie de la fin avril au début juin, car la température du sol doit se maintenir entre 13 et 18 °C pour une bonne germination.

Le semis d’automne s’avère plus capricieux en zones 5 et 6 en raison de la température encore un peu trop chaude en août. Dans les régions plus fraîches, elle donne des résultats satisfaisants avec un semis au début août.

Un semis trop tardif ne permet pas à la plante de se développer suffisamment pour produire une biomasse végétative et un système racinaire avantageux. La phacélie est semée à raison de 10-15 kg/ha à 0,5 cm de profondeur. On prépare un bon lit de semence que l’on recouvre de terre.

  • Mieux vaut semer un peu trop profond que trop en surface, car la lumière inhiberait la germination des graines.

On peut semer à la volée de petites parcelles, puis les recouvrir d’une couche de terre, mais pour les parcelles plus grandes, mieux vaut se servir d’un semoir. Par temps sec surtout, le passage du rouleau sur la parcelle après le semis est fortement recommandé.

Chaque gramme de semence contient environ 500 graines.

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